Je regarde défiler les gens,
Comme autant d'autres vies,
Je sais que quelque part sûrement
Quelqu'un les attends, une famille.
Je déjeune avec ma solitude,
Dans un pauvre petit café,
Seul comme jamais je ne l'ai été
Abandonné par mes certitudes.
Je griffonne encore le papier
Mes années se reflètent dans les glaces
J'ai perdu vraiment toute trace
De la personne que jadis j'étais.
Des rencontres malheureuses
Ont rongé mon existence
Anéanti mon âme amoureuse
Abusé de ma confiance.
Je regarde défiler les gens
Dans mon costume d'apparat
Ils me prennent pour un roi
Je ne suis rien, pourtant.