Assis dans ton fauteuil
Tu regardes le foot avec moi,
Et je sursaute à chaque fois,
Que je te vois frémir seul,
On s'est habitué à ta maladie,
Mais toi tu ne t'y feras jamais!
Tu trésailles c'est épouvantable
Je suis là, présent, à tes côtés,
Un peu comme un épouvantail
Tu gémis, tu tousses, tu faiblis
Je me sens bien incapable
De t'aider en quoi que ce soit,
J'assiste malgré moi
A ton calvaire infernale.
Tu ne parviens plus à te mouvoir
Ton fauteuil est un mouroir
Et je ressens une tristesse infinie
A te voir dépérir ainsi
Tu n'es plus que l'ombre de mon guide
Toi, l'homme qui m'a vu naître,
Je sais que je dois vous paraître
Un tant soit peu sordide
A ne pas savoir vous retranscrire
Ma peine et mon désarroi,
A voir mon Père se mourir
En s'efforçant de sourire
Encore un peu de mes âneries
C'est la seule arme que j'ai trouvée
Pour tenter un peu d'oublier
Qu'il faudra bien me faire à cette idée,
Que tu ne verras pas mes filles grandir
Pas plus que je ne t'ai vu vieillir
Du temps, il m'en aura manqué,
Mon Père je voudrais moi le premier
Te voir en finir avec tes maladies
Et te voir entrer dans ton paradis
Celui du repos et de la tranquillité.
Ce n'est pas avec leurs doses de morphine
Que tu entreras dans la lueur divine
Tu assouvis juste leur soif inavouée
De te faire, injustement, lutter
Contre ta destinée.
Non, je n'ai plus espoir,
Je ne sais si tu es condamné
Mais je voudrais te voir
Arrêter de mourir muet.