Les 18 premiers mois dans cette société avait filé comme l'éclair. Il faisait parti des " bons", ceux sur qui on pouvait compter, pourtant au fond de lui, il se
sentait amoindri, un peu comme une Ferrari en rodage. Il cherchait avant tout à se reconstruire. C'était une période de transition en quelque sorte. Tout de suite ou presque, il avait
rencontré une de ses lectrice. Une jeune femme qui s'était de suite attachée à lui, au travers de ses poèmes. Mais il n'en était pas amoureux. Il lui parlait souvent qu'ils étaient l'un pour
l'autre une roue de secours, une béquille. Ça a prit fin aussi vite qu'ils avaient consommé leur désespoir en s'unissant, furtivement. Il ne la voyait que le week -end. Elle était sympathique
mais ne ressemblait en rien à celle qu'il aimait encore. C'était un ersatz de l'amour, pas l'amour. Ça a duré trois mois, puis il a rencontré Angélina avec qui il partageait le goût de la poésie.
Ils écrivaient à deux, commentaient leurs productions respectives quasiment en temps réel, jusqu'à ce qu'ils se rencontrent après des heures passées au téléphone, pendant des semaines et des
mois entiers. Elle habitait Paris, près de Montmartre. Angélina était une très belle femme, et cela aurait pu fonctionner si elle n'avait pas été une de ces traumatisées de la vie, comme lui. Elle
avait connu tous les malheurs, les viols, la maladie précoce, un mari violent. C'est incroyable comme il avait toujours été attiré par ce genre de profiles. Au grand désespoir de sa mère et de
sa petite soeur Isabelle. Traumatisés tous les deux, ils avaient crée d'une seule main un site internet, un blog, sur ces thèmes qu'étaient le désespoir de vivre, la souffrance enfouie en
soi, l'amour impossible etc...Cela s'appelait à juste titre : " La communauté des tourmentés", et ce site jouissait de nombreuses visites, issues de leurs propres sites personnels. Un lien
renvoyait les lecteurs fidèles de leurs sites vers ce site commun, où ils excellaient. La production était noire, et leurs lecteurs appréciaient, ils pouvaient ainsi se rassurer dans leur
propre vie en consultant le malheur des autres. Etienne mit un terme à cette relation au bout de deux mois, sans jamais ne l'avoir consommé. Angélina ne parvenait pas à se séparer de sa brute
de mari, et Etienne n'était plus un homme patient. La communauté des tourmentés mourut en même temps. Chacun reprit sa route. De son côté. Très vite, il y eut Adèle, puis une ou deux
autres.....
A chaque fois, une relation brève, dans la quelle il ne s'investissait pas vraiment, toujours en quête de retrouver ce qu'il avait jadis connu, l'amour parfum, comme dirait Cali. Il aurait
fallu pouvoir analyser ces relations, car outre leurs débuts où cela semblait excitant de séduire, très vite il se lassait où de moins, il se rendait compte que ça ne pourrait coller. Était-il
devenu exigeant ?
18 mois à rechercher l'amour parfait....à comprendre aussi ce qui s'était passé. Pourquoi Catherine l'avait-elle abandonné. En même temps, il avait été absent quand elle avait eu besoin de
lui....Peut-être aussi avait-elle bluffé, et n'était-elle pas cette princesse des temps modernes, avec ses bonnes valeurs, ses bonnes moeurs....Peut-être avait-elle joué un rôle qu'elle ne
parvenait plus à jouer. En fait, plus probablement, était-elle une femme simple du XXIè siècle. Très amoureuse au début, mais qui avait besoin d'un homme fort constamment, en toutes
occasions. Et, Etienne n'en n'était plus un. Leur relation qui avait duré prés d'un an et demi était une roue voilée, dés le départ. Les circonstances dans lesquelles ils s'étaient unis, étaient
basées sur un terreau non fertile. Une conjoncture difficile, et au delà de la magie des premiers instants, des éléments du Passé ( encore eux) étaient venus perturber leur couple. Il n'allait
pas s'en relever. C'est fragile un couple, c'est un drôle d'équilibre, une drôle d'hypocrisie en somme. On passe son temps à parader, à faire semblant, à tenir le rôle, jusqu'au jour où l'on y
arrive
plus.
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