Les gens sont sots,
Ne profitent pas de leur vivant
Des gens qu'ils aiment,
Depuis mon nuage là-haut,
Je les regarde avec amusement,
Et colère aussi, même.
Je vois leurs peines,
Qui se résolveraient
S'ils se parlaient
Au lieu de couler les haines,
Savent-ils qu'une fois mort
L'amour fait plus mal encore,
Ils perdent leur temps
Se chamaillent en enfants
Si j'avais eu du temps, aujourd'hui!
Je lui aurais dit que je l'aime
Que je l'ai aimé toute ma vie
Que j'ai cru que c'était idem
Et que c'est pour cela
Que je la regarde de là-bas
Dans ma grande maison,
Aux volets clos sur ce monde
Là où je repose sous ma garnison,
De jonquilles et de roses
Sur ma dalle ensoleillée
Prés de la croix martelée,
De mon nom, décédé.