Mes amis, ainsi me voilà,
Attristés devant la croix,
Je vous vois, depuis chez moi,
Assemblés, là, à l'étroit.
Je vous devine tous présents
Assis, là, un court instant,
Tous, parés de blancs vêtements,
Mes amis, mes chers parents...
Merci d'être ici, tout simplement,
Laissez la colère un moment,
Ma chérie, mes chers enfants,
Je suis en paix dorénavant,
J'ai tout prévu, tu vois,
Tout! Sauf ta présence à toi,
Tu m'accompagnes cette fois,
J'ai perdu mon âme là-bas,
Qu'en penses-tu maintenant?
Que dis-tu du choix des chants?
Je vous laisse des bouts de moi,
En chacun de vous je crois,
Gardez les alors précieusement
Les souvenirs ne meurrent pas,
Je ne voulais pas tant cela
Je n'ai pas eu tant d'autres choix.
Ma vie était de ces chantiers,
Aux chemins trop contrariés,
La vie et moi étions fâchés,
Nous nous sommes réconciliés
Oubliez de vous avoir déçu,
Au nom des principes de liberté
Pardon de ne pas y avoir cru,
Laissez cette tristesse de côté...
Imaginez-moi enfin en paix,
Reposé enfin à tout jamais,
Libéré des mauvaises pensées,
Qui ont fini par me gagner ;
Il fait beau là où je vis,
Des champs de jonquilles infinis,
Et, plus un seul jour de pluie ;
En quelque sorte le Paradis,
Je ne crois pas aux Adieux
Et quelque part dans les cieux,
Je vous murmure heureux,
Chez moi, c'est enfin mieux!
L'éternité est infinie,
Je vous y attends assis,
Sur un nuage floconneux,
Les souvenirs sont précieux.