Pour la première fois,
Depuis l'enfance, que j'écris
Je reste pantois,
Comme absorbé, comme transi
Comme apeuré, comme jamais,
Comme rattrapé par l'enfer,
J'ai reçu des nouvelles de mon père,
Et je sais que je dois m'habituer
A sa vie avec ses maladies,
Qui le bouffent sauvagement
Qui l'entraîne vers un ailleurs
Auquel je me refuse résolument
Auquel je me refusais de penser.
Mais l'heure n'est plus à l'ignorance
Elle est au dernier combat
Je serai de nouveau prés de toi Papa
Nous qui sommes si proches depuis mon enfance,
Je t'accompagnerai dans tes souffrances,
Rempli d'espoir que tu triomphes
De cette saleté de plus, diagnostiquée
Je te relèverai si tu t'enfonces
Je mettrai tout mon travail de côté
Je t'épaulerai de tout mon amour,
Au nom de tout ce que l'on a raté
De tout ce temps qui nous a éloigné,
Et je serai là, pour toi, toujours,
J'ai quelqu'un à te présenter
Quand tout ceci sera fort loin,
Aussi vais-je laisser tout ce chagrin
Enfoui en moi, pour t'aider à lutter
A conscrire tes doutes, tes peurs,
Car je devine ta force affaiblie
Je sais que tu crains chacune des heures,
Mais on sera tous là, tous réunis,
Nous n'allons pas t'abandonner,
Ce n'est pas le genre de la famille
Soudés contre ces cancers qui fourmillent,
Nous ne serons pas de trop pour gagner.
Je suis si partagé ce soir mon père
Que je culpabilise de mes absences,
Tout en ayant hâte de te parler
De celle que j'aime en secret.
J'espère trouver ce temps
Qui me fait défaut sans cesse
Pour me consacrer aussi à toi,
Je t'aime si fort, ne te résouds pas.