Les deux amis étaient dans un bar du côté du centre ville. Le Flibustier. Le bar venait d'être repris par un nouveau propriétaire qui reprit le concept qui avait fait
sa force quelques années auparavant. Un bar- restaurant qui propose à ses clients dans une ambiance feutrée un karaoké, et de quoi se restaurer en même temps, et vers une heure du matin, il se
transformait en une discothèque pour les midinettes branchées et friquées de la ville. Un écran géant diffusait les résumés des matchs du championnat de France de League 1. On voyait la défaite de
l'O.M, celle de Lyon 2 à 0 à Auxerre. Puis, on eut droit à des images de Lille, on montrait surtout la dispersion des supporters au moment de l'annonce micro. Le journaliste parlait de la première
conférence de presse officielle.
Un homme d'affaire qui avait été touché par balles, et qui, une fois conduit par hélicoptère au CHR de Lille, n'avait pas tardé à plonger dans le coma. Dans le bar, de nombreux supporters lillois
commentaient l'incident. Puis, au fil de la soirée, la rancoeur née de l'arrêt du match passa, et l'ambiance monta doucement vers minuit. Quelques enterrements de « vie de jeunes-filles » et des
groupes de midinettes venues pour faire la fête et boire un coup, firent oublier aux « footeux » leur match abandonné, et rires, roucoulades, et danses serrées de près prirent le relais, et taire
les commentaires.
Etienne buvait une Vodka, Vincent enchaînait les Whisky-Coca. Enfin, il enchaînait surtout les coups d'œil en direction des jeunes femmes qui malgré le temps maussade n'étaient pas vraiment vêtues
chaudement. Il fit la connaissance d'une jeune femme qui s'appelait Eva. Eva, était étudiante en Psycho, et n'avait pas grand-chose dans la vie, excepté ce don de flairer les bons coups ( Dans tous
les sens du terme) et n'étaient intéressée par rien, hormis l'argent, les sorties, le matériel, le futile. Le genre de profil qui tombait toujours sur Vincent. Il avait lui aussi un don, tomber sur
des filles intéressées qui ne juraient que par l'argent, la facilité, les belles voitures et les hommes à situations.
Une heure et demie du matin, tandis que deux amis buvaient et papotaient avec deux jeunes femmes assises à leur table, un homme plongé dans le coma au CHR de Lille décédait, assassiné par un
individu qui s'était fait passé pour un personnage officiel de l'Etat, accompagné de trois vêtus comme des policiers. Lorsque les quatre hommes quittèrent la chambre, leur sale besogne accomplie et
la diffusion rapide de leur produit dans le sang du patient, ils n'éveillèrent même pas les soupçons de quiconque.
Deux heure, pile, du matin. A l'hôpital, on s'était rendu compte du décès du patient. Sur le coup, on mit cela sur ses blessures au thorax, ce n'est qu'une fois les examens achevés que l'on
s'aperçut qu'il était mort par injection. La police fut prévenue, des comptes furent donner préfet du Nord, qui devait lui-même en rendre au Ministère de l'intérieur et au Quai d'Orsay. Le travail
entamé au stade était terminé. L'homme d'affaire, devenu un politicien dangereux pour les gens au pouvoir dans son pays, n'était plus de ce monde. Il avait payé cher son goût du pouvoir, et son
amitié pour un joueur qui évoluait à Lille, Andersky, le nouvel attaquant de Lille, arrivé à l'été. Ce n'est rien que de dire que l'affaire faisait parler d'elle dans les différents ministères
français. Elle était qualifiée de première importance.