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Je Ne Suis Personne

  • : 30 années d'écriture DAMIEN VERHEE 2020 aux origines de l'écriture
  • : Suivre l'actualités de l'écriture de DAMIEN VERHEE, romans, poésies, projets, chansons
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Damien Vrhee

  • VERHEE D
  • Je suis un homme du Nord, qui a promené sa plume aux quatre vents, assis au milieu des crocus, calepin en poche, tout devient sujet à la rédaction de Poèmes "Sncf"...qu'on écrit partout, en toute occasion, comme ça, en improvisant, en écrivant....et plus de 640 textes sont ainsi nés, jusqu'à aujourd'hui, à l'aube de 2018....ou un tournant se prépare mes amis....
  • Je suis un homme du Nord, qui a promené sa plume aux quatre vents, assis au milieu des crocus, calepin en poche, tout devient sujet à la rédaction de Poèmes "Sncf"...qu'on écrit partout, en toute occasion, comme ça, en improvisant, en écrivant....et plus de 640 textes sont ainsi nés, jusqu'à aujourd'hui, à l'aube de 2018....ou un tournant se prépare mes amis....

Bientot mon 1er roman à paraître

Pour tous renseignements pour utiliser en musique un texte présent sur ces pages, contactez moi
Damien V.
06 50 83 87 89

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Vous Avez Loupe

14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 10:06
C'est le temps de la compréhension,
Quand tombe la dernière illusion,
Plus éphémère que l'amour,
Plus sournois, mythe sourd,
Avons nous réellement des amis?
Ils nous fuient quand plus rien ne va,
C'est un sentiment toujours en sursis,
Aussi volatile qu'infidèle, je crois,
L'amitié est intéressée,
Elle survole comme la vautour,
J'ai enfin compris ce jour,
Qu'il ne faut rien en espérer,
L'amitié passe toujours aprés,
Pour tromper l'ennui, se rassurer?
L'amitié est devenue dérisoire,
Elle ne supporte pas le desespoir.
Elle craint plus que tout le malheur,
Et sa pestilentielle propagation,
Elle se fait oublier à certaines heures
Peur d'une quelconque contamination.
Bien que rassurante elle est futile,
Quand tout va, elle est tranquille,
En suspend quand on est mal,
Fragile, comme l'amour est infernal!
Parfois est-elle ambigue,
Source de nombreuses jalousies,
Se confondant avec l'amour aussi,
Sournoise, aveugle, si j'avais su!
Il n'y a rien à en attendre,
Sauf lorsque tout va bien,
Une putain qui sait se vendre
Un leurre dans mon chagrin,
Où donc êtes-vous tous passés?
N'avais-je donc aucun intérêt?
Hypocrites jusque sur les bancs,
Ils reviennent tous aux enterrements,
Mon pamphlet est terminé,
J'ai grandi et me suis réveillé,
Je n'attendrai plus rien de vous,
Le monde est égoiste et fou,
Mais, je sais....
Nous allons nous retrouver.

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 20:33

Chose promise, chose dûe....On en parlait ici il y a quelques temps.....Qui se sent d'écrire un couplet ou deux plutôt sur cet air là?

Amis compositeurs, chansonniers vous voilà à présent, bon jeu à tous, quant au  meilleur d'entre vous, je m'engage à vous livrer une version chantée , chiche?


Ma participation au défi de Madine
Composé deux couplets pour cette musique

D'aussi loin que je me souvienne
Ce long couloir nous entraîne
Dans un destin un peu bizarre
Ou l'on se retrouve par hasard

Reviens  vers moi s'il te plaît !
Les rêves noués je les défaits
Avec mes doigts je te caresse
Et nos émois sont dans l'allégresse

Arlette Philbois
________________________________________________________________

Traces de toi

 

Tu ne te retourne pas, tu avances sans détour

Comme perdue en toi sans une porte de secours

Tu claques tes émois en les jouant à pile ou face

Face à nous le temps évapore  jusqu’à ta trace

 

Cesser de respirer ton parfum sur ton corsage

Casser le reflet de nos boites à images

En regardant les trains s’évaporer dans la nuit

Laisser ton souvenir dérailler dans mon esprit

 

Sur la table du salon une lettre poussiéreuse

Témoin en ton nom de ton départ pour la Meuse

Lettres alambiquées, rupture en catimini

Noyer son chagrin dans un verre de whisky

 

Tu ne te retournes pas tu avances sans détour

Comme perdue en toi sans une porte de secours

Tu claques tes émois en les jouant à pile ou face

Face à nous le temps évapore  jusqu’à ta trace


Participation DE DEBORAH 


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Dès la fin du premier accord…

Quand de mes pas… dans le silence
Mon âme s’dévoile en transparence
Tu joues de moi, muse innocence
Troublé de toi, …jardin d’enfance

de ma voix claire, tout en soupirs
je meurs de toi dans ces désirs
et tous nos rêves en transparence
les rires de nous…
des jours si fous
viendront mourir
San ans... nous

 

Et là reprise des « tout premiers accords… »

Quand de mes pas, de l’ado/les/cence
Souv’nirs de toi dans cette absence
mirage de… l île du plaisir
Angoisse de… tous nos délires
Du long sommeil, je m’enivre
M’laisser aller sur l’autre rive
Petit bateau à la dérive
Sourires de nous
Des jours si fous
Viendront mourir
San..…ans nous

Difficile peut être pour toi
Mais oh la vache,
Elle est dans ma tête, cette satanée chanson !!!
vive crapouillaud et crapouillette...
futures stars inter planétaires
mais tu sais, k'ta copine  cr YYY stal adore chanter !!!
kissous mon dam...
moi je file au dodo... ----------------------------------------------------------------------BY CRISTAL_____________________________



Écoute la musique du vent dans tes cheveux
     Écoute l'écho de ton rire dans les buissons
     Écoute les battements de ton coeur amoureux
     Écoute l'appel qui mène vers l'unisson

     Entends tout prés ma voix qui souvent t'appelle
     Entends venir ton destin plein de lendemains
     Entends mon pas qui se rapproche de toi ma belle
     Entends si tu me dis non maintenant mon chagrin

----------------------------------------------------------------------BY COOCKERS----------------------------------------------------------------- 

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:23

C'était un mois de Novembre comme on les aime. La pluie pleurait son désespoir sur toute la ville, n'épargnant rien ni personne. Etienne rentrait du travail. Même itinéraire, même sale journée. Une fois de plus  il venait de rater son bus. L'heure c'est l'heure chez Transpole, on ne transgresse pas avec le règlement. Le bus était encore au feu rouge, prêt à partir, mais pas encore parti. Et ce chauffeur, triste comme si l'on venait de l'opérer de la rate qui le regardait en lui signifiant qu'il ne pouvait pas ouvrir la porte, le règlement l'interdit, il voit bien qu'il tombe des sceaux, que le gars le regarde d'un oeil suppliant, mais...Il ne peut pas. Et le bus s'éloigne au vert, et Etienne le regarde s'en aller hagard. Mais, pourtant au fond de lui, il se doutait bien que ce chauffeur, avec sa tête de rien du tout, ne le prendrait pas au vol. Puisque le suivant est dans 20mn , autant marcher un peu, puis, qu'importe si le temps est mauvais, il suivra avec son humeur. Il rumine en déambulant, sur cette journée, cette prise de bec avec jocelyne, la nouvelle secrétaire de direction originaire de Lens et qui ne supporte pas tout ce qui est immatriculé 5-9! C'était à propos des rapports de chiffre d'affaire qu'il n'avait pas rendu avant ; en effet, il faut les compiler pour la réunion de l'après-midi du Comité de Direction de la boite. Comme cela prend un bon 6h bien tassé, si tu ne l'as pas bossé un peu avant chez toi le dimanche, tu es certain d'être hors créneau. Il était hors créneau, ayant préféré une ballade en forêt, au dessus de Lille, et ayant perdu du temps en écoutant son i-pode sur un banc en écrivant encore une de ces satanées poésies tristes et plaintives, comme il en a écrit des centaines depuis le début de sa fin à lui, ce fameux jour où sa vie a foutue le camps.  Puis cet e-mail reçu d'un compte Hotmail qu'il ne connaissait pas indiquant, la semaine dernière sur son mail pro : " Catherine ne s'est pas volatilisée il y a deux ans".......
Cet e-mail l'avait plongé à nouveau, et dans l'incompréhension, et dans cet éternel chagrin qui l'habitait depuis ces deux années. Sa vie se résumait depuis lors à son unique travail, et son site internet, mausolée poétique dédié à sa belle disparue....
Et la pluie redoublait d'intensité, comme synchronisée sur sa peine qui gonflait.
Deux ans qu'il essayait d'oublier à grands coups de Lexomils, d' Atarax....
Deux ans, et ce mail inconnu...
Rentrer. Vite rentrer et écrire. Contre le mal on a rien inventé de mieux, et grâce à cela rien ne meurt jamais! Du moins pas intégralement. 

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:22

Etienne rentre enfin chez lui. il est trempé, sa cravate colle sur sa chemise au point qu'on dirait qu'elle n'en soit qu'un motif imprimé. Il est 20h, pile poil. L'heure du journal sur la deux, car sur la une c'est pour les bobos....Le PSG a perdu....Un attentat en Irak....grève des fonctionnaires demain à prévoir, large ampleur en opposition avec le projet de législation du gouvernement  Sarkozy 6 ( 6è du nom en 9 mois de second mandat!) prévoyant l'allongement de la durée du temps de travail à 80 ans! ......Dans les faits divers, une femme qui s'est réveillée d'un coma de prés de 18mois, du côté de Marseille, et ....Le CAC 40 qui va mal, dû à une énième flambée des cours du baril du brut.
Etienne allume son PC 13" HP, et réfléchit au texte du jour....il décide d'écrire sur le coma, c'est un peu autobiographique comme thème, mais il excelle dans cette écriture spontanée et noire. Même s'il se qualifie de poète Sncf, il aime écrire depuis toujours. 
Mon amour tu ouvres les yeux
Sur un monde devenu hideux,
Tu avais voulu fuir cette vie
Mais Dieu n'a pas voulu de toi
Les anges t'ont chassé du Paradis
Là-bas, il y faisait trop froid.
Tu es revenue dans notre monde
Un traînée blanche dans le ciel
Ta vie était une poubelle nauséabonde
La mort n'est même plus éternelle!
etc...

Il manque, dans cet atmosphère un peu de Vodka pour agrémenter les cigarettes qui s'enchaînent à une vitesse folle, au rythme des paroles de Romain Humeau. L'ambiance est triste, et habituelle. C'est dans cet état là qu'il se sentirait presque le mieux. c'est paradoxal, mais c'est ainsi. Il travaille pour ne pas penser à elle, et il pense à elle pour ne pas penser au travail. La vie est belle.
Encore deux semaines et les vacances arriveront. Il était temps, ces derniers mois furent éprouvant. Cette simple pensée l'alarme, que va t-il faire pendant 10 jours sans travailler, ni même sans avoir la garde de ses filles?

Tu t'éveilles, le regard sans lueur,
Tu entrouvres enfin les yeux,
Sur ce monde qui te faisait peur
Sur tout ce qui te rendait malheureuse
Tu réalises soudain ton échec,
Quel est ce bouquet sur le meuble en Tek?
Quels sont ces lieux, si étranges...
Où sont donc partis les anges,
Ont-ils été effrayé par mes propos?
Pourquoi n'ai-je plus que la peau sur les os?

Il n'arrive plus à écrire sur un autre sujet. Deux ans que cela dure. C'est comme si sa propre vie s'était éteinte depuis tout ce temps, comme si plus rien n'avait de saveur. Même ses proches ont baissé les bras. Etienne était un mort parmi les vivants. Cigarettes, Vodka, carnet et crayon graphite...Un antarax de plus, et une vodka pour le faire passer. Il ne respecte pas même sa personne, et en affaire, il se sert de son amertume pour performer.
L'heure du sommeil approche, les cauchemards de la nuit sont dans les starting-blocks.
Dans la vie rien n'est dû au hasard.
Au moment d'éteindre l'ordinateur, qui lui sert aussi de meilleur ami, retentit l'alerte mail.
Encore un mail étrange et improbable : " Je sais où elle est, je connais sa vie, mais je ne peux pas pour le moment vous en dire davantage".

                                                                                                                                                  2                            

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:21
Le portable sonne tôt, en ce vendredi de Novembre. Etienne ouvre les rideaux et la pluie bât son plein. Encore et toujours. Si ce n'est pas le brouillard, c'est la pluie. Petit, la mère d'Etienne lui dit un jour que la pluie s'était plu un jour de vacances dans le Nord, et qu'elle avait décidé d'y résider. Il est 5h30, et ce matin une réunion de file l'attend, et comme il ne l'a pas préparé, il va griffonner trois quatre bricoles histoire de ne pas arriver en la subissant totalement. Il est sans cesse dans le "just in time", ce qui agace sa supérieure hiérarchique.
Rien qu'à l'idée de la retrouver, il a le coeur morose et l'esprit mélancolique. Cette femme, puisque génétiquement il s'agit bien d'une femme d'après des sources bien informées, est considérée comme un T-Rex dans le monde du commerce. Quelque chose comme cent vingt kilos d'antipathie à l'état sauvage. Que du bonheur! mariée trois fois et divorcée autant....Un molosse, même le club de foot de Lille avait, un temps, songé à lui racheter ses droits d'image afin de réactualiser l'image emblématique du logo sur lequel figure un dogue!    
Etienne fonce vers sa salle de bain, direction la douche. Bien chaude, c'est comme cela qu'il les aime. Il faut aller travailler, le bureau est à trois kilomètres, il a décidé de prendre le Métro lillois, le VAL. La direction générale de la française de bureautique est en banlieue, à quelques arrêts.

Cela fait dix huit mois qu'il travaille là-bas, après une longue période d'inactivité, qui a suivi le départ de Catherine. Une dépression s'est abattue sur lui et rien ni personne n'est parvenu à lui ôter sa peine, profonde comme le gouffre de Padirac.
 A l'époque il habitait le Sud de la France, dans les environs d' Aix. Un jour Catherine est rentrée de vacances, et, alors qu'il l'aidait à rentrer ses affaires dans leur grande villa provençale, le coffre de l'Audi TT grand ouvert, son portable sonna. Persuadé qu'il s'agissait de sa belle mère qui s'inquiétait de ne pas avoir de nouvelles de sa fille alors qu'elle avait pris l'autoroute six heures plus tôt, il décrocha. Mais ce n'était pas un appel. Ce n'était pas plus sa belle mère. C'était juste son amant qui lui fixait un rendez-vous. Dès lors, le temps bascula, la belle histoire d'amour se fondit en une histoire sordide au dénouement catastrophique. Il prit les clés de l'Audi et dévala le chemin d'accès jusqu'à la départementale. Il ne marque pas le stop et fonça droit devant. Les pompiers l'ont extrait en une heure, sauver par les nombreux air-bags de la berline sportive. Rapatriement médical dans le Nord, et plus de nouvelles à la sortie de l'hôpital de sa belle. Après sa convalescence, sa soeur Isabelle, avait fait le crochet jusque chez eux pour aller aux nouvelles. Personne n'en revenait qu'elle n'ait pris de nouvelles de lui. Pas un appel, rien. La maison avait été vendu en une semaine, bien en deçà de la plus basse des expertises immobilières. Il y avait eu urgence, dans l'esprit de Catherine. Fuir peu importe les conséquences. Fuir, et c'est tout, et sans doute s'assurer une porte de sortie.
Isabelle était rentrée dans le Nord sans savoir que dire à son frère, dépité et déprimé. Abandonné, et comme sonné. Plus de voiture, ni de maison, et aussi plus de boulôt, les dépressions, ça fait peur, ce n'est pas permis dans le secteur privé.  "Un bon directeur est un directeur vivant, les morts-vivants névrosés, c'est les fonctionnaires ou les chomeurs", aimait dire l'un de ses anciens patrons. Tout est dit.    
                                                                                                                                                3
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:20

Etienne avait connu l'enfer à la suite de ce drame. Au sein de sa famille, c'était l'incompréhension. Il ne fallait jamais avouer ses faiblesses. Lui, il l'avait fait. Trois mois de doutes, d'hôpitaux, et de squatte chez sa grande soeur Valentine à Roubaix. Plus rien ne lui importait. Il cherchait à comprendre ce qui avait pu motiver dans l'esprit de Catherine pour en venir à le tromper, puis rompre sans ne donner plus aucune nouvelle, et sans en prendre de lui. Ils avaient été un tout. Ils n'étaient plus rien. Etienne, était rongé par ce mal, il devenait son obsession, son sujet de prédilection quand il écrivait sur son site. S'il n'avait pas été aussi faible il aurait bien été tenté de descendre là-bas et de voir ce qui s'y dérouler. Sans doute sa belle famille avait été complice.
Ils avaient été unis si forts, pourrait-on dire, que la "fin" se devait être extrême, elle aussi. La passion et la haine. La force , la faiblesse. Pas une nouvelle, rien. Il aurait pu crever sur cette route départementale, rien. Après tant de choses vécues, et quelques épreuves pas faciles, il se croyait devenu invincible, et croyait que son couple l'était lui aussi. A l'abri de ce genre de scénario. Mais non, il ne  valait pas tant que cela dans le coeur de sa belle, et parfois la honte fait faire des choses bien basses.
A l'abri? Aucun couple ne l'est au fond. Nous sommes tous et toutes un jour tentés. Parfois cela se justifie ou, du moins, s'explique, parfois non, et on le fait quand même. Tromper, c'est quand ça se sait, quand ça ne se sait pas, c'est du piment dans sa vie de couple. On en rit avec les amis, parfois on en discute avec sa meilleure amie, son meilleur copain, un collègue, jusqu'au jour où cela se découvre, et que des vies basculent. 
Ces trois mois furent l'enfer absolu. La dépression avec un D majuscule. Il s'en est fallu de peu pour qu'il finisse par réussir à se suicider. 
Il s'était vu refusé le droit d'entrer en hôpital psychiatrique, à la suite pourtant des recommandations d'une cellule de psychiatrie, et aussi, à la demande expresse de quelques uns des siens.  Un lieu qu'il s'efforçait de fréquenter le plus souvent possible. Il lui importait de témoignait au plus grand nombre d'individus du caractère magique de sa relation. Il fallait que la terre entière puisse savoir qu'un jour il avait connu le Graal en matière de relation amoureuse. La fusion suprême, le bonheur divin et absolu. Mais tout cela au fond n'était que poussière. Tout lui faisait penser à elle, et la guérison n'était pas facile. S'il croisait une voiture identique, quelqu'un qui porte le même prénom, le même parfum....Tout!
Sur son site il qualifiait cet état de regrets nombreux de "Petite Mort", la mort du coeur en tous les cas. Il ne serait plus jamais pareil après.  

Il lui avait fallu ces trois mois de traversée du désert pour que la chance vienne lui sourire enfin un petit peu, et l'aide à se sortir de sa torpeur morbide, dans la quelle il était plongé.
Cette chance c'était " La Française de Bureautique" qui la lui offrait. Enfin une occasion de se sortir du marasme des mauvaises pensées, de la tristesse, du monde du Passé et des souvenirs qui font mal au ventre, au point que l'on veuille se le déchirer à grands coups de couteau!  
Bon d'accord, il ne s'agissait que d'un modeste poste d'acheteur dans cette société qui était structurellement petite, eut- égard à ce qu'il avait connu avant dans la Grande Distribution.  
Mais c'était un bon moyen de ne plus penser en permanence à elle, et de retrouver un peu de dignité humaine, de se concentrer sur autre chose que sur la mort, les médicaments, les idées noires. Certes, il n'avait pas la meilleure allure, le physique était un peu "fatigué" ; et cela pouvait se comprendre, car, bien que chômeur depuis trois mois il n'avait pas vraiment eu l'occasion de se reposer des masses. Il ressemblait plus à un fantôme qu'à un gagnant, et en paraître un le jour du dernier entretien d'embauche, le cinquième du nom, avec le Pdg avait été un grand miracle. Quoiqu'il en soit il était pris. et ses débuts avaient été des plus remarquables, forcément il lui restait encore un peu de cet esprit de gagne dans les veines. 

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:19
Les 18 premiers mois dans cette société avait filé comme l'éclair. Il faisait parti des " bons", ceux sur qui on pouvait compter, pourtant au fond de lui, il se sentait amoindri, un peu comme une Ferrari en rodage. Il cherchait avant tout à se reconstruire. C'était une période de transition en quelque sorte. Tout de suite ou presque, il avait rencontré une de ses lectrice. Une jeune femme qui s'était de suite attachée à lui, au  travers de ses poèmes. Mais il n'en était pas amoureux. Il lui parlait souvent qu'ils étaient l'un pour l'autre une roue de secours, une béquille. Ça a prit fin aussi vite qu'ils avaient consommé leur désespoir en s'unissant, furtivement. Il ne la voyait que le week -end. Elle était sympathique mais ne ressemblait en rien à celle qu'il aimait encore. C'était un ersatz de l'amour, pas l'amour. Ça a duré trois mois, puis il a rencontré Angélina avec qui il partageait le goût de la poésie. Ils écrivaient à deux, commentaient leurs productions respectives quasiment en temps réel, jusqu'à ce qu'ils se rencontrent après des heures passées au téléphone, pendant des semaines et des mois entiers. Elle habitait Paris, près de Montmartre. Angélina était une très belle femme, et cela aurait pu fonctionner si elle n'avait pas été une de ces traumatisées de la vie, comme lui. Elle avait connu tous les malheurs, les viols, la maladie précoce, un mari violent. C'est incroyable comme il avait toujours été attiré par ce genre de profiles. Au grand désespoir de sa mère et de sa petite soeur Isabelle. Traumatisés tous les deux, ils avaient crée d'une seule main un site internet, un blog, sur ces thèmes qu'étaient le désespoir de vivre, la souffrance enfouie en soi, l'amour impossible etc...Cela s'appelait à juste titre : " La communauté des tourmentés", et ce site jouissait de nombreuses visites, issues de leurs propres sites personnels. Un lien renvoyait les lecteurs fidèles de leurs sites vers ce site commun, où ils excellaient. La production était noire, et leurs lecteurs appréciaient, ils pouvaient ainsi se rassurer dans leur propre vie en consultant le malheur des  autres. Etienne mit un terme à cette relation au bout de deux mois, sans jamais ne l'avoir consommé. Angélina ne parvenait pas à se séparer de sa brute de mari, et Etienne n'était plus un homme patient. La communauté des tourmentés mourut en même temps. Chacun reprit sa route. De son côté. Très vite, il y eut Adèle, puis une ou deux autres.....
A chaque fois, une relation brève, dans la quelle il ne s'investissait pas vraiment, toujours en quête de retrouver ce qu'il avait jadis connu, l'amour parfum, comme dirait Cali. Il aurait fallu pouvoir analyser ces relations, car outre leurs débuts où cela semblait excitant de séduire, très vite il se lassait où de moins, il se rendait compte que ça ne pourrait coller. Était-il devenu exigeant ?
18 mois à rechercher l'amour parfait....à comprendre aussi ce qui s'était passé. Pourquoi Catherine l'avait-elle abandonné. En même temps, il avait été absent quand elle avait eu besoin de lui....Peut-être aussi avait-elle bluffé, et n'était-elle pas cette princesse des temps modernes, avec ses bonnes valeurs, ses bonnes moeurs....Peut-être avait-elle joué un rôle qu'elle ne parvenait plus à jouer.  En fait, plus probablement, était-elle une femme simple du XXIè siècle. Très amoureuse au début, mais qui avait besoin d'un homme fort constamment, en toutes occasions. Et, Etienne n'en n'était plus un. Leur relation qui avait duré prés d'un an et demi était une roue voilée, dés le départ. Les circonstances dans lesquelles ils s'étaient unis, étaient basées sur un terreau non fertile. Une conjoncture difficile, et au delà de la magie des premiers instants, des éléments du Passé ( encore eux) étaient venus perturber leur couple. Il n'allait pas s'en relever. C'est fragile un couple, c'est un drôle d'équilibre, une drôle d'hypocrisie en somme. On passe son temps à parader, à faire semblant, à tenir le rôle, jusqu'au jour où l'on y arrive plus.                                                                                  5
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:18

Etienne est sur le point de partir, il est près de 6h30. Il descend sa rue jusqu'à la bouche de Métro, et puisqu'il est en avance, décide de s'arrêter prendre son petit café, et c'est toujours dans le même café qu'il s'arrête, un petit bar lillois typique aux couleurs du Losc, le club de football de la métropole lilloise, tout en rouge et blanc. Des drapeaux, et des photos dédicacées des joueurs, retracent les 50 dernières années de la vie du club. Ses hauts et ses bas, même si ceux-ci sont plus nombreux. Tout, même le plus improbable est aux couleurs du club, jusqu'aux sucres en morceaux!


-Salut Etienne, t'es bien matinal ce matin, tu vas au stade demain?
-Oui, une foutue réunion à préparer, je vais prendre un grand café sans sucre

Foutue loi que celle qui nous oblige désormais à fumer dehors, il n'y a plus de charme à boire son petit noir maintenant, autant rester chez soi! Enfin, sauf pour les derniers récalcitrants qui fréquentent ces lieux, parce qu'ils n'ont pas vraiment de "chez eux", et, c'est un peu le cas d' Etienne, au fond.   

-Tu crois qu'ils vont faire quoi, nos p'tiots d'main contre l' PSG?
-Bah, tu sais Pierrot, je ne crois pas qu'ils vont faire grand'chose, ces derniers temps les attaquants sont soit à l'infirmerie, soit handicapés du genoux! Pas foutus de marquer, même quand ils ont quarante occases dans le match! M'en parles pas....Je ne sais même pas si j'irai....En plus, je suis invité chez Vincent, mon pote qui bosse avec moi, du coup je verrai ça demain, t'as pas La Voix du Nord s'il te plaît?
-Si tu veux, j'ai eu deux places en premières par la Chicorée Leroux!
-On verra.

Etienne parcourt distrait les grandes lignes de la une. On parle du match, du temps qui va se dégrader plus encore, comme quoi rien n'est impossible dans le Nord! Des premiers Dimanche de Noël, où les magasins seront ouverts et des syndicats qui hurlent, et qui demandent à ce que la législation soit enfin plus claire à ce sujet. L'horoscope en der de couv' qui prédit aux balances de connaître une journée riche en émotions.
Tu parles d'émotions riches, se dit-il. L'affreuse va encore m'en mettre plein la vue devant les autres.
Il est vrai que le T-Rex adorait ridiculiser ses collaborateurs en public, à croire qu'il n'y avait plus que cela qui pouvait lui procurer des sensations...Et bien souvent la réunion de file, sorte de réunion par groupe d'acheteurs, en était le lieu. Celle de cet après-midi n'allait sans doute pas déroger à la règle.

-Tu repasses ce soir Etienne?
-Nan, je ne crois pas, je risque de finir tard. Puis après je vais écrire deux ou trois conneries à dix balles sur mon site! Allez à plus!

Etienne s'engouffra dans la station de Métro.
Une jeune femme, élancée et blonde, distinguée visiblement, et avec les cheveux recouverts par une sorte de voile supportant un chignon, entra dans le petit bar et se commanda un café serré

-Voilà, ma petite dame, dit Pierrot, Un grand sec! A n'manque plus qu'eun goutte de genièv eud dans!
-Pardon?
-Ah, Madame n'est pas deu' ch' nord donc. Pas parisienne au moins?
-Non, je suis du sud, ou plutôt de nulle part...Apatride un petit peu, je bouge pas mal en fin de compte...
-Ah d'accord, fit-il absolument pas intéressé. Ça f'ra 1€20 s'il vous plaît! 
-Voici.

De derrière son bar, Pierrot qui n'avait que deux saoûlots en guise de clients, regardait, sans même le faire exprès, la jeune femme. faute de pouvoir discuter avec quelqu'un d'à peu près sobre!

Un moment, il cru voir qu'elle pleurait. Il décida de s'en approcher.

-Ça va madame? Vous avez un soucis?
-Non, ça va aller monsieur, je suis ici pour un enterrement, à moins que ce soit ce satané temps qui me fasse pleurer, j'ai le nez bien pris!

Elle avala d'une traite son café et s'en alla sans même un "au revoir".

-Parisienne de merde, va! se dit Pierrot. Même pas d' pourboire! 
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:16

Etienne arrive au travail légèrement en avance, il est 7h45. Personne ne vient jamais avant 8h, qui plus est quand ils y sont les gens du Siège social, ce n'est que pour prendre le café et en aucun cas pour travailler, au grand damne des magasins qui attendent derrière leur téléphone pour obtenir de l'aide sur tout et rien de leur part. Ils sont les petites fourmis qui font tourner la boite autant que les magasins. Ils sont ambivalents tous les deux, dans l'importance de la réussite de cette dernière. 
Etienne est seul, une fois le digicode composé, il s'installe devant son PC. Il se connecte. Peu de messages. Il se remémore les prédictions de son horoscope : "Riche en émotions"...
-Ah mwé....pas trop de mails de magasins qui pleurnichent parce qu'ils n'ont plus de marchandises en informatiques à vendre! Plutôt surprenant...Riche en émotions intenses, se dit-il.

-Salut Etienne! Déjà là?
-Salut Vincent, eh non je suis encore au bar de l'hôtel de ville à discuter avec une plantureuse créature! Oui, petit gars, je viens d'arriver.
-Je me disais aussi, une plantureuse créature, ça t'aurait effrayé.T'as pas oublié qu'on se voyait demain après le taf?
-Comment veux-tu que je l'oublie dans la mesure où cela fait une semaine que tu me fais un décompte! Mardi tu m'as même dit qu'il restait quatre dodos! 
-J'ai toujours su garder une âme d'enfant, moi Monsieur!
-T'as bosser un peu la réunion?
-Mwé à la va vite, juste de quoi ne pas énerver le Monstre....
-Tu te souviens de Thierry, quand t'es arrivé dans la boite, c'était autre chose comme chef des achats, non?
-Oui, c'est sur, mais je ne l'ai connu que trop peu de temps, et finalement, il paraît que derrière chaque ours se cache un coeur pur. Enfin, j'ai entendu des gosses dirent ça dans le Métro.
-Bonjour les Infos! s'écria une voix terrifiante, gonflée de testostérones et l'ego sur-dimensionné.
-Bonjour patronne! S'écrièrent les deux compères.

La journée " de merde" commença alors pour les deux amis. Moins d'une demi-heure après, la réunion commençait. Deux retardataires qui avaient pourtant mille excuses à peu près valables se sont fait rabrouer par l'affreuse.

Pendant ce temps, une jeune femme distinguée et malheureuse marchait dans les rues de Lille, pleurant devant la vieille Bourse, pleurant devant l'Opéra, pleurant devant chaque monuments de la ville....Comme s'ils étaient tous emprunts de souvenirs douloureux...
Au coin de la rue Royale, dans le Vieux Lille, elle farfouilla dans son sac, et jeta un petit objet, en ayant pris soin d'embrasser le contenant avant, théâtralement.

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 19:13
La jeune femme se sentait mal dans ses baskets. Assise au fond d'un autre bar du Vieux Lille, elle parcourait dans les grandes  lignes les gros titres de la Voix du Nord. sans les lire vraiment. La tête dans ses pensées, ses rêveries, ses soucis, son mal-être, cet espèce de cancer idéologique qui la ronge. C'est incroyable ce que l'on transpire la peine, et le côté répulsif que cela suscite chez les autres. Toujours cette éternelle crainte que le malheur, si on le regarde dans les yeux, il nous contamine. Les gens la voyaient, des larmes coulant sur ses joues en torrent de tristesse, et nul ne venait voir s'il pouvait se rendre utile auprès d'elle. Ce sentiment d'abandon total. L'indifférence de notre société. Le malheur est tellement omniprésent dans nos rues, dans nos journaux, qu'on ne le regarde même plus. Même son café sans sucre refroidit sans se soucier d'elle.

Le téléphone sonna sur une musique de Raphael, " Dans cent cinquante ans".
-Allo?
-Non je ne suis pas là, je suis à Lille, pour affaires, c'est bien pour cela que je vous l'ai confié   pour deux jours, ça ne va pas mieux?
-Quand il sera passé chez vous, n'hésitez pas à m'appeler.
-Embrassez-la pour moi s'il vous plaît!

Il est onze heure et demi ce matin, et on dirait bien que le jour n'ait pas envie de se lever. Si les gens du Nord sont d'un naturel courageux, on ne peut pas vraiment en dire autant du soleil, qui se languit dans son lit de nuit, et qui tarde à se lever le matin. Il se remet à pleuvoir. Il fait triste. Le temps contribue à renforcer l'ambiance noire, et cela pèse sur le moral de cette jeune femme, qui ne semble pas savoir que faire, ni où vraiment aller.

Après avoir régler  sa note, elle quitte les lieux et décide de prendre le Métro, juste quelques stations, se rappeler quelques souvenirs, juste quelques stations, au hasard. Elle prend la ligne qui se dirige vers la cité scientifique. Arrêt Hôtel de Ville, elle traverse la galerie d'un grand centre commercial. Ici, c'est l'effervescence totale, les gens se jettent effrénés sur des tas de vêtements, ou autres futilités, alors qu'ils passent le reste de leur temps à se plaindre d'un défaut d'argent! Typiquement français au fond!
Passant devant une boulangerie Paul, enseigne du Nord (encore une) et qui a fait son petit bonhomme de chemin ; elle s'achète un pain au chocolat, et il était temps car elle n'a rien avaler depuis deux jours. Malgré le voyage, malgré l'émotion, malgré tout, rien ne semble passer, et l'appétit est resté au pays. Il est vrai qu'elle n'est pas vraiment une personne que l'on craindrait emmener au restaurant plutôt qu'au cinéma. Elle a un appétit de mouche. On peut la comprendre. Son souffle s'accélère, et il était vraiment grand temps de remplir un peu son estomac, sous peine de finir par tomber à la renverse. Elle prend son courage avec tout ce qu'elle peut, car deux mains ne suffiront pas. Elle traverse les portes du centre commercial et se retrouve sur un immense parking à deux niveaux, celui du fameux hyper Auchan V2. Un centre commercial sur dimensionné comme il n'en existe que dans le Nord, avec un parking pouvant accueillir cinq mille véhicules.
Elle craint soudainement de faire un malaise en se retrouvant dehors. Devant elle les sièges sociaux de grandes enseignes de la distribution nationale ou même internationale. Kiabi, Leroy Merlin, Décathlon....et la Française de Bureautique.
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